بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
La question de la dote (mahr) en islam est un vaste sujet, parfois complexe, qui suscite de nombreuses interrogations chez ceux qui souhaitent se marier ou simplement mieux comprendre les principes de notre religion. Entre règles religieuses, pratiques culturelles et réalités sociales, il peut parfois être difficile d'y voir clair.
À travers cet article, nous avons souhaité répondre, humblement, aux principales questions que l'on se pose souvent sur la dote, en nous appuyant sur des avis généraux largement partagés. Il est toutefois important de rappeler que chaque situation peut comporter des particularités, et que certaines questions nécessitent des avis religieux spécifiques (fatwas) ou la consultation de personnes de science compétentes dans le domaine du fiqh.
Notre travail n'a pas la prétention d'être exhaustif, ni de résumer tous les avis juridiques existants sur la question. Il se veut simplement une première approche, pour apporter des éclaircissements d'ordre général et aider chacun à mieux comprendre le sujet de la dote.
Pour faciliter votre lecture, voici le sommaire des principales questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article. N'hésitez pas à parcourir les sections qui vous intéressent le plus.
Définition & principes religieux
Qu'est-ce que la dote (mahr) en islam ?
La dote, appelée en arabe mahr ou sadaq est une obligation lors d'un mariage en islam.
Sur le plan religieux, la dote est un droit fondamental de la femme, lié au contrat de mariage (nikah). Elle représente ce à quoi la femme a droit en contrepartie de la licéité de la relation conjugale et de la consommation du mariage.
La dote peut prendre des formes très diverses : somme d'argent, bijoux, biens matériels, services ou tout ce qui possède une valeur, même modeste, comme un anneau en fer, ou encore une paire de sandales. Il n'existe pas de montant minimum ou maximum imposé en islam, mais il reste recommandé de fixer une dote raisonnable, adaptée aux moyens du futur époux, car le meilleur des mariages est celui qui est le plus facile.
Est-ce une obligation religieuse ou une tradition culturelle ?
La dote est une obligation religieuse et une droit de l'épouse que le mari se doit d'honorer. Cette obligation est clairement mentionnée dans le Coran :
وَءَاتُوا۟ ٱلنِّسَآءَ صَدُقَٰتِهِنَّ نِحْلَةًۭ ۚ فَإِن طِبْنَ لَكُمْ عَن شَىْءٍۢ مِّنْهُ نَفْسًۭا فَكُلُوهُ هَنِيٓـًۭٔا مَّرِيٓـًۭٔا
« Et donnez aux épouses leur mahr, de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. »
Sourate An-Nisa, verset 4L'explication de ce verset dans le Tafsir d'Ibn Kathir est la suivante : Il n'est permis à personne, après le Prophète ﷺ, d'épouser une femme sans dote obligatoire. Tout comme il n'est pas permis de mentionner faussement une dote, sans qu'elle n'ait de réalité. L'homme doit impérativement remettre une dote à la femme, et ce de bon gré, tout comme il fait un don de bon gré. De même, si après que la dote eut été fixée, la femme consent de bonne grâce à lui céder, en tout ou partie, il peut en disposer de manière licite et bonne.
À quel moment doit-on fixer la dote ?
En règle générale, la dote est déterminée avant la conclusion du contrat de mariage. Elle fait partie des éléments négociés entre le futur époux et le tuteur de la femme. Si les deux parties tombent d'accord, le mari s'engage à s'en acquitter, soit immédiatement, soit plus tard (dote différée). Il est permis au mari de reporter le paiement de la dote ou une partie jusqu'après la consommation du mariage s'il n'a pas la capacité de s'en acquitter avant. À condition, toutefois, de donner une partie avant.
Si la dote n'a pas été fixée avant le mariage, il reste valide. Toutefois, une dote doit malgré tout être versée, elle reste une obligation qui incombe à l'époux. Le montant est équivalent à celui généralement donné aux femmes de l'entourage de l'épouse. En France par exemple, il est très fréquent de donner une petite parure en or avec une somme d'argent qui peut aller de 200€ à 3000€ ou parfois plus. Cela dépendra d'où vous êtes et du milieu social de l'épouse.
Montant & Nature de la dote
À combien doit être fixée la dote ?
En islam, il n'existe pas de montant minimum ou maximum obligatoire pour la dote. Tout ce qui possède une valeur marchande peut servir de dote, que ce soit de l'argent, des bijoux, des livres, des vêtements, etc…
Cependant, l'islam encourage la simplicité et la modération dans le choix de la dote, afin de ne pas rendre le mariage difficile et contraignant. Comme a pu le dire notre Prophète ﷺ :
« Le meilleur mariage est celui qui est le plus facile. »
Ou encore dans une autre version :
« La meilleure dot est celle qui est la plus facile. »
Malheureusement, on constate de nos jours que certaines familles exigent des dotes très élevées, parfois peut être dans l'idée de profiter matériellement du mariage. Bien que cela ne soit pas strictement interdit, ce n'est pas l'esprit de facilité prôné par l'islam. Ces dotes abusives vont parfois jusqu'à mettre le prétendant dans une contrainte extrême et le pousser à contracter des prêts avec intérêts, ce qui est interdit.
Qui décide du montant de la dote ?
En islam, c'est la femme et son tuteur qui déterminent le montant ou la nature de la dote (mahr). Le futur époux peut proposer une dote, mais c'est à la femme, avec l'accord de son tuteur, d'accepter ou de négocier le montant ou les biens offerts.
Il est important de rappeler que la dote est un droit exclusif de la femme, et qu'elle seule en dispose. Elle peut choisir d'en jouir entièrement ou, si elle le souhaite, en faire profiter d'autres personnes par générosité, mais personne ne peut l'y obliger.
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L'obligation de s'acquitter de la dote
Il incombe au mari de s'acquitter de la dote convenue entre lui et le tuteur de l'épouse, sans diminution ni préjudice. Il lui est interdit de la renier ou de la retarder sans raison valable. Allah ﷻ dit dans le sens rapproché du verset :
وَءَاتُوا۟ ٱلنِّسَآءَ صَدُقَٰتِهِنَّ نِحْلَةًۭ
« Et donnez aux épouses leur dote, de bonne grâce »
Sourate An-Nisa, verset 4Selon les exégèses du Coran, de bonne grâce (Nihla) signifie obligatoire.
Quand faut-il payer la dote ?
La dote est généralement versée avant la consommation du mariage, c'est-à-dire juste après la conclusion du contrat. C'est la pratique la plus courante, afin que la femme entre en mariage en connaissant et en recevant son droit.
Cependant, il est permis à l'époux de reporter tout ou partie du paiement de la dote après la consommation du mariage, s'il n'a pas la capacité de s'en acquitter immédiatement. Dans ce cas, il doit tout de même donner une partie, même infime, avant la consommation du mariage.
Que se passe-t-il si le mari décède sans avoir payé la dote ?
Comme nous l'avons vu, le paiement de la dote est une obligation. Si le mari décède avant de s'être acquitté totalement de la dote due à son épouse, le montant restant est tiré de son héritage avant de procéder au partage. Allah ﷻ dit :
مِنۢ بَعْدِ وَصِيَّةٍۢ يُوصِى بِهَآ أَوْ دَيْنٍۢ
« Après que les legs qu'il aurait faits ou les dettes auront été acquittés… »
Sourate An-Nisa, verset 11Si le mari décède et que la dot n'a pas été définie, la femme aura droit à la dot des femmes de son rang social.
Séparation & divorce
Divorce sans consommation du mariage
Si les époux viennent à divorcer sans avoir consommé le mariage, alors la femme a droit à la moitié de la dote fixée. Certains savants disent aussi qu'elle n'a pas le droit à la dote mais qu'elle mérite une compensation.
Divorce de la femme (khul)
Lorsqu'une femme désire de séparer de son époux sans faute de sa part, elle peut obtenir le divorce appelé khul. Dans ce cas elle doit généralement restituer la dote qu'elle a reçue lors du mariage.
Cette règle s'appuie sur un hadith concernant la femme de Thabit Ibn Qays. Elle alla trouver le Prophète ﷺ et lui dit :
« Ô Messager d'Allah ! Je ne reproche rien à Thâbit Ibn Qays concernant sa religion ni sa moralité, mais je crains de tomber dans la mécréance en restant avec lui. »
Le Prophète ﷺ lui demanda alors :
« Es-tu prête à lui rendre son jardin ? »
Ce jardin correspondait à la dote qu'elle avait reçue lors de leur mariage.
Elle répondit : « Oui ».
Le Prophète ﷺ ordonna alors à Thâbit (qu'Allah l'agrée) de la divorcer, et il s'exécuta.
Il est important de préciser que les fuqaha ont beaucoup divergé sur les questions liées au divorce, et ce, depuis les premières générations de l'islam. Il existe ainsi de nombreux avis juridiques et une multitude de règles selon les écoles et les situations particulières.
Il faut savoir que les affaires de divorce sont souvent délicates et rarement simples à gérer, tant sur le plan religieux qu'émotionnel ou juridique. Se faire accompagner par des personnes de science compétentes est donc la meilleure démarche, afin d'être certain de respecter les préceptes de la religion et de préserver les droits de chacun des époux.




