La mouqabala (ou muqabala) en islam, c'est une rencontre légiférée entre deux prétendants au mariage, en présence d'un mahram de la femme.
Nous répondons ici à toutes les questions que l'on se pose : qu'est-ce qu'une mouqabala, d'où vient le mot, comment en trouver une, quelles sont les règles, ce que l'on a le droit de regarder, comment enquêter sur le prétendant, comment la rencontre se déroule et nos conseils pour ne pas passer à côté de l'essentiel.
Qu'est-ce qu'une mouqabala ?
C'est la rencontre organisée entre un homme et une femme qui envisagent de se marier. Son but est simple : se voir, poser ses questions et apprendre à se connaître, dans un cadre conforme au Coran et à la Sunnah, avant de s'engager si les deux sont d'accord.
Ce n'est pas une formalité. C'est le moment où l'on valide les points qui comptent vraiment : la religion, le caractère et le projet de vie. Autrement dit, c'est là que se joue une grande partie de la réussite du futur foyer.
D'où vient le mot « mouqabala » ?
Le mot mouqabala (مقابلة) vient de la racine arabe q-b-l (ق ب ل), qui tourne autour de l'idée de « faire face, être en vis-à-vis, venir vers ». Le verbe qâbala signifie « se faire face, rencontrer, recevoir quelqu'un ». La mouqabala, c'est donc littéralement le fait de se rencontrer face à face, une entrevue. En arabe courant, le mot désigne d'ailleurs un entretien, comme un entretien d'embauche.
Comment trouver une mouqabala ?
C'est souvent là que ça coince. Beaucoup savent parfaitement ce qu'est une mouqabala, mais ne trouvent tout simplement pas de personne sérieuse avec qui en organiser une. C'est exactement ce que nous faisons chez My Zawaj : nous mettons en relation des musulmans et des musulmanes engagés dans une véritable démarche de mariage, dans un cadre halal, sans mixité, avec des profils vérifiés et une modération stricte.
Nous réunissons aujourd'hui membres qui cherchent, comme vous, à se marier dans le respect du Coran et de la Sunnah.
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Commencer sur My ZawajQuelles sont les règles de la mouqabala ?
La mouqabala est simple, mais elle obéit à quelques règles qui la rendent licite et sereine.
La base, c'est trois personnes : les deux prétendants et un mahram de la femme, généralement le père. Rien n'empêche qu'il y ait plus de monde : le frère ou d'autres proches peuvent tout à fait assister à la rencontre.
Les deux autres règles à retenir :
- Pas d'isolement (khalwa) : un homme et une femme qui ne sont pas mariés ne doivent jamais se retrouver seuls. Un mahram de la femme doit toujours être présent avec elle.
- L'échange reste sérieux et orienté vers le mariage : on apprend à se connaître et on valide les points importants, sans que la rencontre ne bifurque vers de simples mondanités.
« Qu'un homme ne s'isole jamais avec une femme sans qu'il y ait un mahram avec elle. »
À noter : si la femme est reconvertie, son père peut tout à fait encadrer la rencontre même s'il n'est pas musulman. Il ne pourra toutefois pas faire office de tuteur.
Qu'est-ce que l'on peut regarder chez la prétendante ?
C'est une question que beaucoup se posent sans oser la formuler. Se voir n'est pas une obligation, mais c'est fortement recommandé, car cela favorise l'entente entre les deux futurs époux. Le Prophète ﷺ a dit à un homme qui voulait se marier :
« Regarde-la, car cela est plus à même de faire naître l'entente entre vous. »
Selon l'avis prépondérant rapporté par Cheikh Ibn Bâz رحمه الله, le prétendant peut regarder le visage, les mains, la tête et les pieds de la prétendante. Certains savants se limitent au visage et aux mains. Dans tous les cas, ce regard se fait en présence du mahram, jamais en tête-à-tête, et sans que cela ne devienne une exhibition.
Il arrive que certaines sœurs se présentent à la rencontre entièrement recouvertes, au point que l'homme distingue à peine leurs yeux. Cela va à l'encontre de l'objectif même de la mouqabala : si le prétendant ne voit rien, il lui est impossible de se projeter et de savoir si la personne lui plaît physiquement. C'est précisément pour cela que le fait de se voir est recommandé, il n'y a donc pas lieu de s'en priver dans ce cadre légiféré.
L'enquête lors d'une mouqabala
Une rencontre de quelques heures ne suffit pas à connaître quelqu'un. Chacun se présente sous son meilleur jour, et les descriptions embellies, voire mensongères, sont fréquentes. Se renseigner sérieusement sur l'autre est donc indispensable, et cela vaut dans les deux sens : la sœur se renseigne sur le frère, et le frère se renseigne sur la sœur.
Cheikh Al-'Outheymine رحمه الله considérait même que mener une enquête sur un prétendant est « plus qu'obligatoire », et qu'elle pouvait prendre entre 10 et 30 jours. Il précisait aussi qu'une fois les bonnes qualités religieuses et morales confirmées, on ne doit pas refuser le mariage sans motif valable : le diplôme, le village d'origine ou la situation professionnelle ne sont pas des raisons recevables.
Et dans tous les cas, le consentement de la femme est obligatoire. La forcer est interdit. C'est d'ailleurs l'une des conditions à connaître parmi les règles et conditions de validité du mariage en Islam.
Comment mener l'enquête ?
L'idée est d'interroger l'entourage proche, celui qui côtoie la personne au quotidien : sa famille, ses amis, les frères de sa mosquée, ses voisins.
- Pour se renseigner sur une sœur, l'homme ne va évidemment pas discuter en tête-à-tête avec des femmes qui ne lui sont pas mahram. Il passe par un intermédiaire masculin : il demande par exemple à un ami de questionner son épouse, qui côtoie la prétendante. Il peut aussi échanger avec la famille de la prétendante, sa mère, son père ou sa sœur, en dehors de sa présence, pour poser ses questions.
- Pour se renseigner sur un frère, la sœur passe par son tuteur, son frère, ou des frères de confiance qui le fréquentent réellement.
Une chose que nous voyons souvent et que nous déconseillons clairement : aller questionner les anciens conjoints. Lorsqu'une personne a divorcé, interroger son ex-époux, et plus encore son ex-épouse, ne vous donnera presque jamais un avis objectif. La rancune, la blessure ou le ressentiment faussent tout. Ce n'est pas ainsi que l'on mène une enquête utile.
Comment se déroule une mouqabala ?
Le déroulé est simple, inutile de le compliquer. C'est une rencontre qui dure généralement d'une heure à quelques heures. Le prétendant échange souvent d'abord avec la famille, puis avec la prétendante, toujours en présence du tuteur ou d'un représentant de la sœur. Les deux apprennent à se connaître, se regardent, et évaluent leur compatibilité en vue d'un zawaj. Il est tout à fait possible d'organiser plusieurs rencontres si nécessaire.
L'échange se déroule le plus souvent chez la prétendante, mais il existe de nombreux lieux adaptés pour organiser une mouqabala. Et si la distance impose de passer par les messages, mieux vaut connaître les limites à respecter pour une mouqabala sur WhatsApp.
Sur l'ordre des sujets, nous recommandons de commencer par les sujets légers : le parcours de chacun, le métier, les centres d'intérêt. Cela détend l'atmosphère et met tout le monde à l'aise. On aborde ensuite les sujets de fond : la religiosité, le style de vie, et surtout les projets de vie. Ce dernier point est capital : si l'un souhaite des enfants et que l'autre n'en veut pas, il est inutile d'aller plus loin, car cela finira par poser problème.
Et oui, il est permis de plaisanter un peu pendant la rencontre. L'humour, c'est comme le sel dans un plat : s'il n'y en a pas, cela manque de saveur ; s'il y en a trop, le plat est gâché.
Nos conseils pour réussir sa mouqabala
Vous allez rencontrer une personne avec qui vous envisagez de passer votre vie. Autant vous y préparer correctement. Voici ce sur quoi nous insistons vraiment.
Préparez-vous mentalement. Le stress est normal, mais il vous empêche de réfléchir et d'évaluer correctement la personne en face de vous. Dites-vous simplement qu'il s'agit d'une discussion, pas d'un examen.
Préparez vos questions à l'avance, sur papier. Sur le moment, on oublie systématiquement l'essentiel. Nous avons réuni 100 questions à poser lors de votre mouqabala pour vous aider à construire votre liste.
Vos critères rédhibitoires et vos critères obligatoires
C'est le travail le plus important, et le plus négligé. Avant la rencontre, prenez le temps d'une vraie introspection. Ne vous arrêtez pas à des critères de surface comme l'aisance financière ou la beauté : ils ne suffiront pas sur la durée. Creusez plus loin et demandez-vous quels sont les critères sur lesquels vous ne pourrez pas patienter.
Établissez deux listes :
- Les critères rédhibitoires : ce que vous ne supporterez pas sur la durée. Un époux avare. Une épouse orgueilleuse ou au caractère trop dur. Une personne sans aucun humour.
- Les critères obligatoires : ce qui doit impérativement être présent pour que le foyer fonctionne.
Et tenez-vous-y. Une personne qui aime le calme devrait éviter d'épouser quelqu'un de très bavard, et à l'inverse un tempérament extraverti aura besoin d'un conjoint qui parle et qui sort. Cela semble évident, mais dans le feu de la rencontre on se laisse facilement séduire par la beauté, la famille ou le statut. Le mariage engage toute une vie : patienter des années sur un défaut que l'on ne tolère pas est extrêmement difficile.
La religiosité, le critère à ne jamais négliger
S'il ne devait en rester qu'un, ce serait celui-là. Le Prophète ﷺ nous l'a clairement recommandé :
« On épouse une femme pour quatre raisons : ses biens, sa lignée, sa beauté et sa piété. Tâche donc de choisir celle qui détient la piété ! »
Pourquoi ce critère est-il à ce point déterminant ? Parce qu'au début, tout est beau. On découvre le mariage, on se découvre mutuellement, et cette période est magnifique. Puis la vie reprend son cours. La routine s'installe, on partage le quotidien de la même personne chaque jour, et c'est un travers humain : on relâche son comportement, ses paroles, on s'agace pour des broutilles.
À ce moment précis, s'il n'y a pas de crainte d'Allah ﷻ, le couple ne repose sur rien. Les querelles s'installent, et c'est exactement ce que le diable recherche : séparer les époux.
À l'inverse, la religiosité garantit à chacun son droit. L'époux craint d'être injuste envers sa femme, l'épouse craint d'être injuste envers son mari. Les deux fournissent des efforts pour leur Seigneur avant de les fournir pour eux-mêmes : satisfaire son conjoint, le préserver, l'honorer. C'est cela qui fait tenir un couple sur trente ans, bien plus que le salaire ou le physique.
La prière de consultation (istikhara)
Une fois la décision prise, ne vous engagez pas sans avoir accompli la prière de consultation, une ou plusieurs fois. C'est une Sunnah qui permet de s'en remettre à Allah ﷻ : soit Il facilite et met la barakah, soit Il éloigne ce qui n'était pas un bien pour vous. Si vous ne savez pas comment procéder, voici comment réaliser la prière de consultation pour le mariage.
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Questions fréquentes sur la mouqabala
La mouqabala est-elle obligatoire pour se marier ?
Non, pas du tout. La mouqabala n'est pas une condition de validité du mariage : celui-ci est valide dès lors qu'il respecte ses piliers (le tuteur, les deux témoins, le consentement et la dot). La mouqabala reste une démarche recommandée pour faire connaissance et poser des bases solides.
Combien de mouqabala faut-il organiser ?
Autant que nécessaire, tant que c'est nécessaire. L'important est que chaque rencontre serve à valider des points concrets en vue du mariage, et qu'elle ne bifurque pas vers de simples mondanités.
Qui doit être présent lors d'une mouqabala ?
La base, c'est trois personnes : les deux prétendants et un mahram de la femme, généralement le père. D'autres proches, comme le frère, peuvent tout à fait être présents. Cette présence évite l'isolement (khalwa) et encadre l'échange.
Que peut-on regarder de la prétendante ?
Selon l'avis prépondérant rapporté par Cheikh Ibn Bâz, le prétendant peut regarder le visage, les mains, la tête et les pieds. Certains savants se limitent au visage et aux mains. Ce regard se fait toujours en présence du mahram, jamais en tête-à-tête.
Combien de temps dure une mouqabala ?
Une mouqabala dure généralement d'une heure à quelques heures. Le prétendant échange souvent d'abord avec la famille, puis avec la prétendante, toujours en présence d'un membre de la famille.
Peut-on plaisanter pendant une mouqabala ?
Oui, un peu. L'humour détend l'atmosphère et aide chacun à être soi-même, mais il ne doit pas prendre le dessus sur le sérieux de la démarche. C'est comme le sel dans un plat : trop peu et cela manque de saveur, trop et le plat est gâché.
Y a-t-il des invocations spécifiques à la mouqabala ?
Pas à notre connaissance : il n'existe pas d'invocation propre à la mouqabala. On recommande simplement d'accomplir la prière de consultation (istikhara) avant de se décider. Une question revient souvent à ce sujet, celle de la récitation de la Fatiha au moment des fiançailles.
Et Allah est le plus Savant.




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