بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Le mot mahram revient souvent dès qu'on parle de mariage, de voyage ou de rencontre entre un homme et une femme en islam. Pourtant, beaucoup de personnes se trompent sur qui est réellement mahram et qui ne l'est pas. Or, cette confusion a des conséquences directes sur ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. Voici ce qu'il faut savoir.
Définition d'un mahram
Un mahram, pour une femme, désigne l'ensemble des hommes avec lesquels elle ne pourra jamais se marier. Le mot important ici est jamais : il s'agit d'une interdiction définitive, et non d'une interdiction limitée à une période donnée.
Cette nuance est capitale. Un homme peut être interdit au mariage à un instant précis sans être pour autant un mahram. Prenons l'exemple de la sœur de l'épouse : un homme ne peut pas l'épouser tant qu'il est marié avec sa sœur, mais si un jour il divorce ou que son épouse décède, ce mariage devient possible. L'interdiction n'était donc que temporaire. La sœur de l'épouse n'est donc pas une mahram pour lui.
Le mahram, c'est l'inverse : l'interdiction ne tombe jamais, quelles que soient les circonstances. Le mari, lui, occupe une place à part : il n'est évidemment pas un homme que la femme ne peut pas épouser puisqu'elle est mariée avec lui, mais il partage avec les mahrams le fait qu'elle peut se dévoiler devant lui.
Qui sont les mahrams ?
La base de cette liste se trouve dans la parole d'Allah ﷻ, dans la sourate An-Nour, où Il dit dans une traduction rapprochée des sens du verset :
وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ آبَائِهِنَّ أَوْ آبَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَائِهِنَّ أَوْ أَبْنَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي أَخَوَاتِهِنَّ
« … et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs … »
Sourate An-Nour, verset 31Les savants du tafsir expliquent que l'on déduit de cette liste les personnes devant lesquelles la femme peut se dévoiler, et donc, par conséquent, celles avec lesquelles elle ne peut pas se marier. Ce sont ses mahrams. La liste des mahrams pour une femme est donc la suivante :
- Son père, et les grands-pères en remontant (paternels et maternels)
- Ses fils, et les petits-fils en descendant
- Ses frères
- Ses oncles paternels (le frère du père)
- Ses oncles maternels (le frère de la mère)
- Ses neveux : les fils de ses frères et les fils de ses sœurs
- Le père de son mari (le beau-père)
- Les fils de son mari nés d'une autre épouse (les beaux-fils)
- Le mari de sa mère (le second époux de sa mère)
- Le mari de sa fille (le gendre)
Les catégories de mahram
Ces mahrams se répartissent en trois grandes catégories, selon la raison qui rend le mariage définitivement interdit.
Les mahrams par le sang
Ce sont les liens de parenté directs. On y trouve le père, le frère, le fils, l'oncle paternel comme l'oncle maternel, et le neveu (fils du frère ou fils de la sœur). Ces liens sont les plus évidents et ne posent en général aucune difficulté.
Les mahrams par allaitement
L'islam établit que l'allaitement crée un lien de parenté au même titre que le sang. Ceux qui ont été nourris au lait d'une même femme deviennent frères et sœurs de lait, et les mahrams par le sang ont alors leurs équivalents par l'allaitement : le père de lait, le frère de lait, l'oncle de lait, etc. Cela est encadré par des conditions précises (notamment un nombre de tétées et le fait que l'allaitement ait lieu durant les deux premières années), qu'il convient de vérifier auprès des gens de science.
« Est interdit par l'allaitement ce qui est interdit par la parenté. »
Les mahrams par alliance
Ce sont les liens créés par le mariage. On y trouve principalement le beau-père (le père du mari), le gendre (le mari de la fille), le beau-fils (le fils du mari né d'une autre épouse) et le second époux de la mère. Ces personnes deviennent mahrams définitivement, même en cas de divorce ou de décès.
Faites les choses correctement, avec le mahram impliqué
Sur My Zawaj, la démarche est pensée pour respecter le cadre islamique du début à la fin, en impliquant le tuteur et le mahram. On avance sérieusement, sans mixité et sans ambiguïté.
S'inscrire sur My ZawajLes erreurs courantes
Beaucoup de personnes considèrent comme mahrams des hommes qui ne le sont absolument pas. C'est une erreur fréquente et lourde de conséquences, car elle mène à des situations de mixité et de proximité interdites. Ne sont pas des mahrams :
- Le frère du mari (le beau-frère) : une femme pourrait l'épouser si elle n'était plus mariée, il n'est donc pas mahram.
- Le mari de la sœur : de la même manière, ce lien disparaît si le mariage prend fin.
- Le cousin (fils de l'oncle ou de la tante) : le mariage entre cousins est permis en islam, il n'est donc pas mahram.
- Le mari de la tante (l'oncle par alliance) : il n'a aucun lien de parenté qui interdit définitivement le mariage.
C'est d'ailleurs au sujet du beau-frère que le Prophète ﷺ a prononcé une mise en garde très forte :
« Prenez garde à entrer chez les femmes. Un homme des Ansar dit : Ô Messager d'Allah, et le beau-frère ? Il répondit : Le beau-frère, c'est la mort. »
Autrement dit, le danger vient souvent de là où on ne se méfie pas, chez les proches que l'on côtoie sans précaution en pensant à tort qu'ils sont mahrams.
Le rôle du mahram
Le mahram n'est pas qu'une question de qui peut voir qui. Il a un rôle concret dans la vie de la femme musulmane :
- La protection et l'accompagnement en voyage : la femme est accompagnée par un mahram lors des déplacements, ce qui la préserve et la met en sécurité.
- Un cadre pour la rencontre en vue du mariage : la présence d'un mahram évite l'isolement (khalwa) entre un homme et une femme étrangers et permet aux échanges de se dérouler sainement.
- Un soutien dans le processus du mariage : le père et le frère, qui sont des mahrams, jouent souvent le rôle de tuteur (wali) et veillent aux intérêts de la femme.
- Une facilité dans le quotidien : devant son mahram, la femme n'est pas tenue au même voile que devant un homme étranger, ce qui allège naturellement la vie de famille.
« Qu'une femme ne voyage pas sans être accompagnée d'un mahram. »
Bien comprendre qui est mahram et qui ne l'est pas, c'est donc se donner les moyens de vivre les relations familiales et le chemin vers le mariage dans le respect des limites fixées par Allah ﷻ.
Et Allah est le plus Savant.
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