بِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Le principe est simple, et il vaut mieux le retenir que d'essayer de retenir une liste de cas : dans le cadre du mariage, les époux ont le droit de profiter l'un de l'autre, et rien ne leur est interdit sauf ce qu'Allah et Son Messager ﷺ ont interdit. Ces interdits sont peu nombreux et connus. Tout ce qui les dépasse est permis.
Le principe général
نِسَآؤُكُمْ حَرْثٌ لَّكُمْ فَأْتُوا حَرْثَكُمْ أَنَّىٰ شِئْتُمْ
« Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme et quand vous le voulez. »
Sourate Al-Baqara, verset 223Anna chi'tum, « comme vous le voulez », est une formule large. Elle ouvre, elle ne restreint pas. C'est de là que les savants tirent la règle : dans ce domaine, l'origine est la permission, et c'est l'interdit qui doit être prouvé.
La conséquence pratique compte plus que la règle elle-même. Une fois que vous connaissez les interdits et ce qui est déconseillé, vous savez que le reste vous est ouvert, et vous n'avez plus besoin de poser une question pour chaque situation. C'est ce qu'on appelle agir avec science : connaître les principes généraux, et en déduire soi-même les cas particuliers.
Ce qui est interdit
Trois choses, dont deux qui touchent au rapport lui-même et une qui touche au droit de l'épouse.
La sodomie
C'est interdit, et l'interdit est ferme.
« Maudit est celui qui vient à son épouse par son derrière. »
On entend souvent la formule « passer par derrière ». Elle désigne l'orifice, et non la position. La position, elle, est permise : approcher son épouse par derrière ne pose aucun problème, dès lors qu'on reste à l'endroit où l'on a le droit d'être. C'est ce que dit le verset cité plus haut : harth, le champ de labour, désigne l'endroit d'où naît l'enfant, tandis qu'anna chi'tum porte sur la manière.
Allah a placé un orifice qui est pur, en dehors des périodes de menstrues. Il ne convient pas de s'en détourner pour aller vers ce qui est sale. Personne ne désire les excréments, on ne s'approche donc pas de l'endroit d'où ils sortent.
Des savants vont plus loin. Le cheikh as-Souhaymi, notamment, considère que même toucher cet endroit, le caresser ou jouer avec, est interdit, et relève de ce qui est répugnant.
Les rapports pendant les menstrues
وَيَسْـَٔلُونَكَ عَنِ ٱلْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى فَٱعْتَزِلُوا۟ ٱلنِّسَآءَ فِى ٱلْمَحِيضِ وَلَا تَقْرَبُوهُنَّ حَتَّىٰ يَطْهُرْنَ
« Et ils t'interrogent sur les menstrues. Dis : c'est un mal. Éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez pas avant qu'elles ne soient pures. »
Sourate Al-Baqara, verset 222L'interdit porte sur le rapport, pas sur la vie commune. Le reste, la présence, les gestes d'affection, le fait de partager le même lit, n'est pas concerné.
Le 'azl sans le consentement de l'épouse
Le 'azl est le retrait avant l'éjaculation. Les savants divergent sur son jugement. Certains le tiennent pour interdit en tout temps, l'enfant étant donné par Allah, et s'appuient sur un hadith où le Prophète ﷺ le désigne comme al-wa'd al-khafi, l'enterrement caché. C'est notamment la position d'Ibn Hazm.
« Nous pratiquions le 'azl du temps du Messager d'Allah ﷺ, alors que le Coran descendait encore. »
La majorité retient l'autre avis, celui que rapporte le cheikh ar-Rouheyli : le 'azl n'est pas interdit en soi. Ce qui est interdit, c'est de le pratiquer avec une épouse libre sans son consentement, parce qu'il la prive de deux choses qui lui reviennent : sa part de jouissance, et l'enfant.
Selon l'avis prépondérant, la même exigence de consentement s'applique à l'esclave. Et lorsque l'enfant revient au maître, il faut en outre obtenir la permission de ce dernier.
Ce qui est recommandé dans les relations sexuelles entre époux
Les préliminaires, dans les deux sens. Il est recommandé au mari de prendre le temps de préparer son épouse, parce qu'elle a besoin de ce temps. Et il est recommandé à l'épouse de jouer avec son mari, même en dehors du rapport.
« Pourquoi n'as-tu pas épousé une jeune fille, avec qui tu pourrais jouer et qui pourrait jouer avec toi ? »
Le jeu entre époux est voulu et recherché, et les deux en sont récompensés dès lors que l'intention est de rechercher l'agrément d'Allah.
C'est encore plus appuyé au moment du rapport, parce que c'est là que se joue l'objectif même du mariage : la chasteté et l'épanouissement de chacun. L'harmonie et l'affection naissent de là, et chacun doit pouvoir se satisfaire pour qu'il ne reste rien dans le cœur. Faire rire son épouse, et inversement, fait partie de la sounnah.
La nudité est permise. Il n'est pas une sounnah, pour l'homme, de se couvrir la tête ou le corps pendant le rapport. Être nu devant son épouse ne pose aucun problème.
« Préserve ta nudité, sauf de ton épouse. »
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Faites une cause dès maintenantAgir avec science, sans multiplier les questions
C'est le point sur lequel il faut finir, parce que c'est celui qu'on oublie. Une fois les interdits connus, chercher à faire valider chaque détail devient contre-productif. Les savants ont transmis des principes précisément pour que chacun puisse trancher chez lui, sans avoir à exposer son intimité.
Ce qui reste à faire, c'est le travail sur l'intention. Rechercher l'agrément d'Allah dans ce moment-là le transforme : ce qui pourrait n'être qu'un plaisir devient une adoration récompensée, pour l'un comme pour l'autre.
Le déroulé complet de ce moment, avec l'invocation à dire avant, est détaillé dans l'article sur la doua avant le rapport.
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